« Après cette première sortie de 60 km, je n’ai pas arrêté. J’ai continué à rouler. De plus en plus loin. En 2014, j’ai découvert la Great Divide mountain bike route, où j’ai entendu parler de l’ultra-cyclisme pour la première fois. Je savais qu’il fallait que j’essaie. »
Au cours des années qui ont suivi son excursion en Asie du Sud-Est, la vie de Sofiane a considérablement changé. S'échappant fréquemment pour de longues randonnées à vélo—notamment lors de sa traversée de la Great Divide en 2014—Sehili cherchait toutes les occasions d’intégrer de plus en plus le vélo dans sa vie quotidienne, y compris dans son travail, en devenant coursier à vélo pour profiter encore davantage du temps passé sur deux roues. À force de rouler jour après jour, son endurance s’est accrue, tout comme sa confiance en lui, tandis qu’il se concentrait de plus en plus sur un objectif : repartir à l’assaut de la Great Divide, cette fois en tant que concurrent lors de la course annuelle non officielle de l’itinéraire.
« Je sentais que j’avais les capacités pour réussir. En 2016, j’ai terminé troisième de ma toute première course de bikepacking, la Tour Divide. »
Comme pour cette fameuse première sortie, une course en a entraîné une autre—puis une autre—alors que Sofiane commençait à combiner talent physique et expérience, un savoir que seuls le défi et l’épreuve peuvent apporter.
« Il m’a fallu du temps pour capitaliser sur ce premier résultat. J’ai continué à courir, et même si j’étais bon, je faisais encore des erreurs qui m’empêchaient d’atteindre mon plein potentiel. J’avais besoin de temps pour progresser. J’ai été frustré et j’ai envisagé d’abandonner. Mais je ne suis pas du genre à baisser les bras. Alors, j’ai persévéré. »
La frustration s’est transformée en détermination, ce qui a finalement mené Sofiane à sa première grande victoire en ultra-cyclisme, en terminant l’Italy Divide 2019 en 4 jours, 7 heures et 33 minutes—un honneur partagé avec son concurrent James Hayden, le dernier col de montagne s’étant révélé trop dangereux à descendre en course. Bien sûr, il n’aura pas fallu longtemps avant que Sofiane décroche une victoire en solitaire. Comme souvent chez Sehili, un succès en a entraîné un autre—puis un autre.