Comment vous décririez-vous, ainsi que votre approche du cyclisme ?
Je me décrirais comme quelqu’un qui aime repousser les limites, pas seulement physiquement mais aussi mentalement et émotionnellement. Dans ma vie, le vélo a toujours été un outil d’exploration du monde qui m’entoure. Que je slalome entre les voitures en ville comme coursier ou que je roule vers le bout du monde lors d’un événement d’endurance épique, je cherche toujours un équilibre entre défi et liberté. Pour moi, ce n’est pas tant le podium qui compte, mais le voyage : découvrir de nouveaux lieux, de nouvelles personnes et de nouvelles facettes de moi-même.
Ta vie de cycliste semble en constante évolution. Quel rôle le métier de coursier a-t-il joué dans ton orientation vers l’ultra-distance ? Et comment l’ultra-distance t’a-t-elle amené sur la voie du storytelling ?
Travailler comme coursier à vélo m’a appris à gérer la pression, à respecter des délais serrés et à faire face à l’imprévu. D’une certaine manière, c’est une excellente introduction à la course d’endurance. Il faut prendre des décisions en une fraction de seconde, garder un rythme élevé et toujours anticiper plusieurs coups d’avance. Cet état d’esprit s’est naturellement transposé à l’ultra-distance, où il s’agit en permanence de stratégie et de gestion de ses limites sur de longues distances.
Quant au storytelling, l’ultra-distance m’a offert tant d’occasions de rencontrer des personnes et des lieux que je n’aurais jamais découverts autrement. Ces épreuves regorgent de moments – bons, mauvais et tout ce qu’il y a entre les deux – qui font de belles histoires. La course, ce n’est pas que le vélo : c’est l’humain, les leçons apprises dans la difficulté, et les liens mémorables tissés en chemin.