Conseils bikepacking avec Sofiane Sehili

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Nils Laengner
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Sofiane Sehili avec Pedaled
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Conseils bikepacking avec Sofiane Sehili

La perspective de préparer un voyage en bikepacking peut sembler intimidante. Quel équipement faut-il ? Comment organiser ses affaires et que faut-il emporter ? Pour démystifier le processus, nous avons discuté avec le bikepacker international et ultra-coureur Sofiane Sehili. Fidèle à lui-même, il est arrivé à notre entretien en tenue complète de cycliste—juste après une sortie. Découvrez ci-dessous les meilleurs conseils bikepacking de Sofiane.

Quels sont, selon toi, les critères de base à rechercher pour choisir un vélo de bikepacking ?

 

Choisissez un modèle polyvalent et qui offre un dégagement pour des pneus larges. Les vélos sont aujourd’hui si bien conçus qu’on peut n’en avoir qu’un seul, agréable à rouler sur route avec des pneus de 32-35C, puis passer à des pneus de 42 ou 44 mm pour profiter des chemins de gravel. Personnellement, j’aime les transmissions 1X. C’est une chose de moins à laquelle penser, ce qui est appréciable quand on roule toute la journée. N’ayez pas peur de monter une cassette très grande. Par exemple, un plateau de 40 ou 42 dents à l’avant, selon la puissance de vos jambes. À l’arrière, une cassette 10-45 ou 10-51, et vous pourrez tout faire. Enfin, si vous prévoyez de partir très loin, plusieurs mois à l’autre bout du monde, optez peut-être pour un cadre en acier. C’est facile à réparer en cas de casse.   

 

Quelle est ta liste de base pour les affaires à emporter lors d’une sortie avec nuit sur place ?

 

Un matelas est très important pour moi. C’est bien plus confortable que de dormir à même le sol et c’est aussi bien plus chaud. Ensuite, selon la météo, j’emporte un sac de couchage pour avoir chaud. Personnellement, je ne prends généralement ni tarp ni tente. Je m’arrête simplement quand je trouve un abri, ou si je vois qu’il ne va pas pleuvoir, je dors à la belle étoile. Même au milieu de nulle part, on trouve souvent une cabane ou un abri quelconque. Je ne me suis jamais vraiment retrouvé à rouler toute la nuit sous la pluie—ça n’arrive quasiment jamais. 

Je veux aussi parler de oreillers. Parce qu'ils ne pèsent rien. Ils sont vraiment petits, et ils sont en fait très importants. Il m'a fallu des années pour acheter un vrai oreiller gonflable, et ça change tout.

À part un oreiller, y a-t-il des objets « de luxe » que tu emportes lors de tes voyages à vélo ?    

Je ne peux vraiment pas voyager sans mon coupe-ongles. Et puis un livre électronique. Je ne sais pas si on peut vraiment appeler ça un luxe, parce qu’on a tellement de temps devant soi. Je l’avais avec moi au Maroc—pas pendant la course—mais avant et après l’AMR. Je fais du vélo, et quand c’est fini, il faut bien s’occuper le soir. C’est quelque chose que j’ai toujours emporté en bikepacking—je me souviens avoir lu Joseph Conrad, Heart of Darkness en roulant en Birmanie, et d’une certaine façon, ça collait parfaitement—et ce serait vraiment dommage de rouler sans. 

 

Quelles sacoches utilises-tu ? 

 

J’utilise des sacoches Miss Grape. Le strict minimum que j’emporte, c’est une sacoche de selle, une sac demi-cadre, et un sac de tube supérieur. En général, la façon dont j’organise mes affaires, c’est d’utiliser la sacoche de selle pour les vêtements, le sac de tube supérieur pour l’électronique, et le sac demi-cadre pour ce dont j’aurai besoin pendant la sortie, comme les outils, les articles de toilette et mon passeport. Si j’emporte du matériel de camping, j’utilise aussi une combinaison harnais et sac étanche sur le guidon. 

 

As-tu des astuces de rangement pour rester organisé en bikepacking ? 

 

Il faut un peu d’expérience pour bien faire ses bagages. Si tu veux remplir une sacoche de selle, par exemple, il faut savoir quels objets mettre tout au fond—ceux que tu peux compresser ou tasser. Pour ma part, j’organise ma sacoche de selle en mettant au fond ce que j’espère ne pas avoir à utiliser, comme des chambres à air de rechange ou ma veste s’il fait chaud. Devant, je mets ce dont je pourrais avoir besoin. Et quand tu prépares tes affaires, ne mélange pas tout. Si tu ouvres un sac et que tu trouves un peu de vêtements et un peu de matériel de camping, ce n’est pas idéal. Trouve un système de rangement qui fonctionne et tiens-t’y. Comme ça, tu n’as jamais à te demander où sont les affaires.

Quels sont les outils de base et les éléments de réparation que tu emportes toujours ? 


Un multitool avec un dérive-chaîne—très important. Et évidemment une pompe. Je roule en tubeless, donc j'apporterai un kit de réparation tubeless. Quelques maillons de chaîne ou un maillon rapide. Selon la durée de votre voyage, c’est toujours utile d’avoir quelques plaquettes de frein. Un petit chiffon et un peu d’ huile. Les petites choses auxquelles on ne pense pas forcément peuvent vraiment vous sauver la vie. 

Ma façon d’emporter des pièces de rechange et des outils repose sur trois critères : combien ça pèse, combien de place ça prend, et est-ce que ça peut me sauver la vie ? Par exemple, une valve tubeless ne pèse rien, mais si vous en cassez une, vous êtes vraiment dans la galère. Donc, j’en prends toujours une. Rayons c’est un peu la même idée. Ça ne pèse rien mais ça peut vous sauver — et un câble de dérailleur


Et pour les vêtements ? Été vs hiver ? Des indispensables ? 


Ce n’est pas vraiment très différent entre l’été et l’hiver. Mon kit de base, c’est cuissardà bretelles, une première couche à manches longues, et un maillot. Ensuite, sauf si la météo s’annonce vraiment chaude, je prends des jambières. Je trouve que c’est toujours super d’emporter une paire de gants. Ce n’est pas très lourd, et avoir froid aux mains est l’une des pires sensations. 

Un veste de pluie, bien sûr. Je pense qu’on ne peut vraiment pas voyager sans une veste de pluie — et ça sert aussi de veste normale quand on sort manger. J’aime bien avoir plusieurs paires de chaussettes— en laine, parce qu’elles ne sentent pas. Une doudoune est aussi toujours appréciable. Quand on est dehors après une longue journée sans vrai repas, on a vite froid. Mais c’est ça aussi la beauté du vélo : on n’a pas vraiment besoin de grand-chose.

Y a-t-il des articles PEdALED en particulier que vous recommanderiez ?
 

J'ai testé le Gilet Odyssey Alpha® avec un tissu Polartec®. Le fait que ce soit une doudoune sans manches signifie qu’elle ne prend pas beaucoup de place, mais elle peut quand même vraiment vous tenir chaud. J’ai finalement eu besoin de cette pièce lors de mon voyage dans le nord du Maroc avant l’Atlas Mountain Race de cette année ; il a fait vraiment froid. J’étais donc content d’avoir ce genre de vêtement. 

Ensuite, j'ai eu le Cuissards Cargo Odyssey, et c’est quelque chose que je commence vraiment à apprécier : avoir des poches supplémentaires en plus de celles du maillot. C’est une bonne façon de rester organisé. J’adore les poches. Plus il y en a, plus je suis heureux. 

Et puis, le Sous-couche à manches longues en mérinos, c’est vraiment un bel article. Quand il commence à faire un peu frais, vous l’avez dès que vous descendez du vélo—c’est assez élégant, c’est vraiment sympa. 

As-tu une playlist ou des podcasts préférés à recommander pour un voyage à vélo en mode bikepacking ? 

Je suis un grand fan de True crime. J'aime beaucoup le podcast Serial sur Adnan Syed, mais mon préféré, c'est Hondelatte raconte.

Et en ce qui concerne la musique, c’est principalement rock, allant de la pop-rock et du folk jusqu’au black metal et au death metal… un large éventail. C’est mon choix de prédilection playlist.

Vous pouvez suivre les prochaines sorties et courses de bikepacking de Sofiane sur Instagram @sofianeshl. Ou découvrez nos vêtements de bikepacking dans la Odyssey Collection.